L’expérience sociale des étudiants extra-ordinaires à l’université

Benoît Lebouc, étudiant en sociologie à l’Université Aix-Marseille, et préparant une thèse sur les étudiants sur les étudiants handicapés, a publié une affiche pour le grand public.

Vous trouverez ci-dessous l’alternative textuelle à cette affiche ainsi que l’affiche à télécharger.

Alternative textuelle à l’affiche « L’expérience sociale des étudiants extra-ordinaires à l’université »

Introduction

L’Université française est par essence, un lieu ouvert universel, promulguant l’égalité des droits et des chances.

Institution publique, elle a pour mission de favoriser l’hospitalité, l’insertion et la réussite de toutes et tous. Ainsi, autour de ces valeurs, l’appropriation de la question du handicap est capitale.

Cette thèse de sociologie s’intéresse à la place et à « l’expérience sociale » de l’étudiant, que je nommerais, « extra-ordinaire » au sein de l’enseignement supérieur et plus particulièrement à AMU.

S’interroger sur cet aspect de la réalité sociale renvoie à définir ce que l’on entend par le concept « d’expérience sociale » sociologiquement parlant et à montrer l’intérêt heuristique d’opter pour le label d’étudiant « extra-ordinaire » au détriment de celui d’étudiant « handicapé » ou « en situation de handicap ».

L’expérience sociale des étudiants extraordinaires se réalise à travers :

  • Le rythme des pratiques universitaires (choix des études, investissement, rapport au savoir et temps passé au sein de la faculté, accessibilité universitaire etc.)
  • Les pratiques médicales (rencontrés activités avec le corps médical en lien avec la qualité extraordinaire en question)
  • Les pratiques extras universitaires (associations, loisirs, passions, activités entre pairs etc.)
  • perspective et avenir (orientation professionnelle, projet de vie, accompagnement et soutien familial).

Objectifs de la recherche

Si la sociologie de l’éducation s’est fortement intéressée à « l’expérience sociale » et au « vécu » des étudiants « ordinaires » notamment avec les travaux du sociologue François Dubet, ou encore ceux de Valérie Erlich, rare sont les études s’intéressant à celle des étudiants « extra-ordinaires » qui sont pourtant de plus en plus nombreux à accéder à l’Université depuis la loi du 11 février 2005 pour « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ».

Cette thèse a donc pour objectife d’appréhender le parcours universitaire à travers lequel se réalise l’expérience sociale de ces étudiants « extra-ordinaires » afin de saisir la façon dont ces derniers vivent leur scolarité, leurs études à l’Université, mais aussi leurs réussites comme leurs échecs.

Quête d’une nouvelle définition du handicap

  1. Rompre avec l’aspect déficitaire et stigmatisant sous-jacent à la notion de « personne handicapée ». Celle-ci serait en effet, perçue uniquement à travers son handicap.
  2. Rompre avec le sens commun et la confusion sémantique engendrée par la notion de personne en situation de handicap. En effet, cette notion met en avant les facteurs environnementaux au lieu de se concentrer sur l’aspect déficitaire de la personne. Or, si une telle notion s’avère moins stigmatisante, elle est très ambigüe dans les faits. Ex : une mère avec une poussette ne pouvant pas circuler sur un trottoir obstrué ou ne pouvant rentrer dans un métro bondé sera considérée en situation de handicap alors que celle-ci ne présente pas de singularité physiologique, sensorielle ou cognitive.
  3. Utiliser un langage visant à réhabiliter les personnes porteuses d’un stigmate en mettant en avant leur capacité plutôt que leur incapacité, sans nier leur différence mais au contraire en la reconnaissant et en la valorisant tel que cela est prôné par le courant de recherche scientifique anglophone autour du handicap les « Disability Studies ».

Ainsi le terme « extra » souligne la « qualité extra-ordinaire » de l’individu en la reconnaissant et en la valorisant.
Cependant le terme « ordinaire » détaché de celui « d’extra » rappelle que cet individu est avant toute une personne à part entière, ne se résumant pas uniquement à sa seule qualité « extra-ordinaire ».

Méthodologie et terrain d’enquête

Constitution d’un état des lieux de la population des étudiants extra-ordinaires recensés sur les différentes facultés d’AMU.

  • Recueil de données statistiques (âge, sexe, spécificité de la « qualité extra-ordinaire », filière d’étude etc.)
  • Analyse de traitement secondaire des données et constitution d’une monographie sociale.

Constitution d’un panel exhaustif d’interview avec des étudiants « extra-ordinaires »

  • entretiens biographiques et récits de vie
  • analyse de contenu des données qualitatives recueillies
  • ancrage théorique se situant à la fois dans la sociologie de l’éducation et du handicap

Références bibliographiques

  • Blanc Alain, Sociologie du handicap, Paris, édition Armand Colin, 2012.
  • Dubet François, Marluccelli Daniello, à l’école : sociologie de l’expérience scolaire, Paris, éditions du seuil, 1996.
  • Erlich Valérie, Les nouveaux étudiants. Un groupe social en mutation, édition Armand Colin, Paris, 1998.
  • Albrecht Gary Lutas, Jean François et Stiker Henri Jacques, « l’émergence des disability studies : état des lieux et perspectives », la revue science sociale et santé, volume 19, numéro 4, décembre 2001.

Voir et télécharger l’affiche au format PDF

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